Drame à Trou Blanc : Noyade d'un Guide

Un bien triste évènement, premier accident mortel à Trou Blanc : un Guide professionnel se noie à trou Blanc,
du fait des conditions de débit extrèmement important.
Une pensée sincère pour sa famille, avec toute notre tristesse

   
 

 

( Documents Journal de l'Ile )

Un guide trouve la mort dans le canyon de Trou-Blanc
Après une nuit passée dans le canyon de Trou-Blanc, douze randonneurs aquatiques ont été hélitreuillés hier matin. Leur guide, Jean-Philippe Garravet, avait été emporté la veille par les eaux de la rivière du Mât alors qu’il portait secours à l’une des personnes du groupe qu’il encadrait. Son corps a été retrouvé hier.
Mercredi dans la matinée, un groupe de douze personnes se retrouve sur le parking d’Ilet-à-Vidot, dans le cirque de Salazie, quelques kilomètres au-delà du village d’Hell-Bourg. C’est le point de départ du sentier qui mène au canyon de Trou-Blanc. Le groupe encadré par le responsable de Cîmes Loisirs, Jean-Philippe Garravet, entame la marche d’une demi-heure nécessaire pour accéder à la première étape de la descente du canyon : un rappel de 45 mètres.
Après cette descente, le groupe se retrouve au cœur du canyon. Les cordes sont rangées, place à une progression à la nage dans le lit de la rivière du Mât en direction de la première vasque.
Le moniteur demande à l’un des membres du groupe de se lancer sur ce premier passage, un toboggan. En atterrissant dans la vasque, le canyonneur se trouve en difficulté, pris semble-t-il dans un tourbillon. Jean-Philippe Garravet se jette alors à son secours. Il réussit à sortir son client de la vasque mais c’est du coup le moniteur qui se retrouve en difficulté. Il est emporté par le courant.
Le groupe assiste, impuissant, à la disparition de Jean-Philippe Garravet dans les flots. Un des membres du groupe est donc isolé, en aval de la vasque, tandis que le reste du groupe campe sur sa position.
L’après-midi s’écoule, et en début de soirée, c’est la compagne de Jean-Philippe Garravet qui donne l’alerte, s’inquiétant de ne pas avoir de nouvelles. Elle prend contact avec la brigade de gendarmerie d’Hell-Bourg qui compte dans ses rangs des militaires spécialisés dans le secours en montagne. Quelques minutes plus tard, ils parviennent au parking d’Ilet-à-Vidot tout proche et constatent que les véhicules du groupe, constitué pour partie de touristes, sont toujours stationnés là. Mais en ce mois d’avril, la nuit tombe déjà tôt, vers 18 h 30, et lorsqu’ils alertent le peloton de gendarmerie de haute montagne basé à Saint-Denis, celui-ci ne peut les rejoindre que par voie terrestre, les secours par hélicoptère étant impossibles de nuit en raison de la topographie.

Une nuit dans le gouffre
Trois groupes de recherche sont constitués, au départ, à l’arrivée et sur les échappatoires du trajet du canyon. Les recherches aboutiront vers 1 heure du matin, lorsque les gendarmes réussiront à localiser le groupe, notamment grâce aux cris lancés par les randonneurs aquatiques. Mais impossible de tenter un sauvetage par voie terrestre. Il faut donc attendre le lendemain.
C’est à la lueur du petit matin que les douze canyonneurs sont hélitreuillés, hier matin. L’hélicoptère de la section aérienne de gendarmerie recueille un par un les membres du groupe avant de les rapatrier au RSMA (régiment du service militaire adapté) d’Hell-Bourg. Là, ils se réchauffent, se changent après une nuit pour le moins pénible et se restaurent. Un médecin psychologue du Samu est présent sur place afin d’aider les canyoneurs à surmonter l’épreuve qu’ils viennent de subir.
Pendant ce temps, les recherches continuent afin de retrouver le corps de Jean-Philippe Garravet dont seul le casque a été retrouvé. Le Fennec de l’armée de l’air prend le relais et effectue durant la matinée des rotations de reconnaissance sur le parcours du canyon. Sans résultat.
A 14 h, l’Alouette III de la section aérienne se rend à nouveau sur le site. C’est vers 15 h que le corps de Jean-Philippe Garravet est retrouvé sur la fin du tracé du canyon, à hauteur de la passerelle sur la rivière du Mât, sur le sentier de Grand-Sable. Héliporté, le corps du moniteur est examiné peu après par un médecin légiste qui ne peut que constater le décès. Son corps est identifié sur place par sa compagne.
Lundi prochain, Jean-Philippe Garravet aurait eu 38 ans.

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Une enquête ouverte
A la suite de cette mort tragique, une enquête a été ouverte par la brigade de gendarmerie d’Hell-Bourg. Après leur prise en charge au RSMA de Hell-Bourg, les douze membres du groupe emmené par Jean-Philippe Garravet ont été entendus par les gendarmes. Ces derniers devront notamment déterminer si ce mercredi, les conditions climatiques étaient favorables pour que le parcours puisse s’effectuer dans des conditions de sécurité satisfaisantes. De fortes pluies sont en effet tombées sur le secteur au cours de la journée. Les Hauts de l’île ont en outre été très arrosés depuis quelque temps. Pour certains professionnels qui se sont rendus sur place afin de proposer leur services dans le cadre des recherches, “Trou Blanc est un parcours qui peut s’effectuer toute l’année, même si sa pratique est laissée à l’appréciation du guide, qui estime la dangerosité en fonction du niveau d’eau.” Un débit important favorise en effet les phénomènes de tourbillon dans les vasques, difficulté à laquelle a été confronté l’un des membres du groupe avant que Jean-Philippe Garravet ne lui porte secours.
Toutefois, de mémoire de professionnels, seuls des accidents sans réelle gravité se sont produits à ce jour dans le canyon de Trou Blanc, dus à des sauts ou des chutes malencontreuses.
Selon les secouristes, le niveau des eaux dans le canyon était important, hier. Et les conditions météo peu favorables. Reste à déterminer si le niveau d’eau était aussi important la veille, jour du drame.
Jean-Philippe Garravet avait créé “Cîmes loisirs” il y a environ deux ans, à son arrivée sur l’île. Auparavant, en métropole, il avait été responsable d’une structure de sports et loisirs de montagne.

 

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