Nouveau club canyoning dans le Sud:
l'Echo des Ravines

 

 

 

 

( Documents Le Journal de l'Ile )


LJournal du Sud : Réunion, canyons, sensations


La Réunion est un paradis pour qui souhaite s’adonner à un sport de montagne. La pratique du canyoning, activité qui consiste à descendre des falaises abruptes accroché à une corde, prend peu à peu - elle aussi - de l’ampleur grâce aux innombrables recoins propices qui se nichent dans le cœur de l’île. Dans le Sud, un petit club basé à Saint-Pierre organise depuis peu des sorties du côté de Fleurs-Jaunes ou de Bras-Rouge. Des sites aux noms chaleureux qui demeurent pourtant en grande partie inaccessibles, sauf à être un passionné de descente de canyons.

L'APPEL DU VIDE

Ce petit club presque familial, c’est l’Écho des Ravines, une association montée il y a un an par une bande copains unis par l’amour de la nature sauvage et... des descentes en rappel. Fred Landaboure, le moniteur du club, a découvert ce sport il y a une douzaine d’années dans son pays basque natal, et a trimballé ses mousquetons un peu partout en France et en Espagne. Mais c’est sur notre volcan qu’il a -définitivement ?- trouvé son bonheur. “Ici, c’est le top, je suis persuadé qu’il n’y a pas de meilleur endroit dans le monde pour ce sport. La Réunion est la mecque du canyoning”, lâche d’entrée Fred, encore sous le charme de la sortie qu’il vient d’effectuer du côté de Cilaos avec quelques membres du club. Et d’enchaîner : “il m’arrive d’accompagner des personnes rompues aux parois des Gorges du Verdon, qui pensent être de bons pratiquants. Quand ils abordent pour la première fois de leur vie une descente en rappel d’une distance de plus de 100 mètres, ils comprennent toute la singularité du canyoning à la Réunion”.
Menuisier-charpentier de son métier, Fred façonne durant son temps libre l’association qu’il a créée avec ses amis. L’Écho des Ravines est affilié à la Fédération française de montagne et d’escalade (FFME) et compte 27 membres, pour la plupart des novices qui progressent à leur rythme grâce aux stages de perfectionnement. “L’objectif est de rendre nos adhérents autonomes, afin qu’ils puissent avancer et se frotter à des parois toujours plus intéressantes. C’est une aventure humaine”, explique le moniteur, titulaire pour sa part d’un brevet fédéral. Du reste, certains ont ainsi choisi de passer leurs diplômes, à l’image de Régis, qui a découvert ce sport il y a six mois et qui se prépare à suivre le stage de préformation mis en place par la FFME. Ensuite, ce sera l’examen pour le monitorat, avec en cas de succès la possibilité de venir donner un coup de main pour encadrer les sorties du club.
La solidarité et l’amitié qui unissent la plupart des membres de l’Écho des Ravines permettent à l’association de fonctionner sans la moindre subvention. “Le club tourne uniquement grâce aux cotisations et au coup de main des gens qui en font partie” souligne Fred. “Préparer et vérifier le matériel me prennent beaucoup de temps, mais le soir après les sorties tout le monde participe au rangement et au nettoyage”. Un exemple de l’état d’esprit “famille” qui règne au club. “Certaines personnes font des sorties moto le week-end, nous c’est le canyoning qui nous réunit. On a appris à se connaître, à s’apprécier, et on savoure à chaque fois le plaisir de se retrouver dans des endroits où très peu de personnes peuvent aller, des sites magnifiques épargnés par la pollution”. Intransigeant à ce sujet, Fred veille à la propreté et le respect des sites fréquentés, à l’instar des moniteurs des autres clubs de l’île, qui mettent un point d’honneur à préserver les recoins qu’ils sont les seuls à fréquenter. Le menuisier-charpentier, installé au milieu des cannes à Bassin-Plat, regrette tout de même que les Réunionnais ne se passionnent pas plus pour ce sport qui allie découverte des profondeurs de l’île et sensations fortes. Sans doute l’image de sport “extrême” véhiculée par le canyoning, de surcroît souvent aquatique chez nous, freine-t-elle encore nos envies d’aventures... Pourtant, si elle semble risquée, la pratique est rigoureusement sécurisée et les interventions du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) plutôt rares. On pourrait d’ailleurs penser que de part certaines aptitudes qu’il requiert, ce sport concernera toujours une partie restreinte de la population, avide de l’appel du vide. Les gamins du Foyer Albert Barbot ne sont sans doute pas de cet avis, eux qui ont adoré leur sortie avec le club. A chaque fois qu’ils croisent Fred, ils l’apostrophent avec un large sourire. “Hé, Monsieur, c’est quand qu’on refait de la corde ?”
A.D


 

retour SOMMAIRE