Décès d'un membre de l'équipe de P.Colas lors de l'ouverture d'un canyon

 

   
 

 

( Documents Journal de l'Ile )

Jacques Mouriès victime d’une hydrocution aux confins de Grand Bassin
PDG d’Optique de Bourbon, photographe autodidacte de talent, passionné par la montagne réunionnaise et les Terres australes, Jacques Mouriès est mort hier accidentellement victime d’une hydrocution au cœur du Rond des Chevrons aux confins de Grand Bassin. Il faisait partie d’une expédition conduite par le guide de haute montagne Pascal Colas destinée à retrouver les sites de nidification du pétrel noir.
En 1995, Pascal Colas, guide de haute montagne, découvre le site de nidification du pétrel de Barau mettant fin à une énigme posée aux ornithologues depuis 30 ans. À la passion sportive du canyonning et des courses en montagne, Pascal allie depuis toujours la soif de découverte.
On lui doit l’ouverture de nombreuses voies de canyons dont celle du Trou de Fer. Il a été l’origine de plusieurs expéditions qui ont permis des découvertes archéologiques et en matière de faune et de flore majeures. Cela l’a conduit à créer avec d’autres passionnés comme lui, dont Jacques Mouriès, en mars 2001 l’Association nature, découverte et partage.
L’expédition dans le Rond des Chevrons est la troisième conduite sur les traces des sites de nidification du pétrel noir. La première a parcouru le Côteau de Cendres depuis le Coteau Maigre jusqu’à Grand Bassin. La seconde, partie des hauteurs du Dimitile a rejoint le Bras des Roches Noires toujours au-dessus de Grand Bassin.
Cette fois, il s’agit d’explorer le Rond des Chevrons. L’équipe constituée autour de Pascal Colas se compose du botaniste Frantz Limier, du médecin photographe Jean-Luc Chéron, de l’ornithologue Thomas Merian, d’Yvon Lucas et du photographe Jacques Mouriès. Tous sont des habitués des expéditions en milieux difficiles et sont rompus aux techniques de canyoning. Comme à l’accoutumée, Pascal Colas a particulièrement soigné la préparation. Chaque participant s’est vu remettre une fiche détaillant précisément le matériel à emporter et l’autonomie à prévoir en terme de nourriture. L’expédition doit durer quatre à cinq jours. La présence du médecin Jean-Luc Chéron toujours accompagné d’un impressionnant sac de premier secours est un atout supplémentaire pour garantir la sécurité du groupe.
Jeudi de la semaine dernière, l’expédition démarre en rive gauche du Rond des Chevrons sur les hauteurs du Dimitile. Les conditions météorologiques sont très bonnes. Pascal Colas et ses compagnons progressent non sans difficultés mais régulièrement dans une végétation très dense au cœur d’un canyon.
Dimanche, ils atteignent le lieu-dit la Pompe vers 1 300 m d’altitude. Jacques Mouriès est le premier à descendre un rappel d’une soixantaine de mètres. Il n’y a pas beaucoup d’eau à cet endroit et il ne porte pas sa combinaison. Le photographe termine son rappel dans une petite vasque à l’ombre, de faible profondeur. Il fait quelques pas. L’eau lui arrive à hauteur du torse. Il commence à nager et soudain tombe en avant.
Pascal Colas qui se trouve au-dessus descend rapidement à sa rencontre. Il est le premier à pratiquer un massage cardiaque, rejoint par Jean-Luc Chéron qui administre une injection d’adrénaline. En dépit de leurs efforts, Jacques Mouriés ne peut être réanimé. Il a été victime vraisemblablement d’une hydrocution, l’eau étant à cet endroit à 11°C température mesurée par la montre thermomètre d’un des membres de l’expédition.
L’un des équipiers en amont parvient grâce à son téléphone portable à alerter les secours. La conversation passe tout juste mais elle permet d’activer le Peloton de gendarmerie de haute montagne. Il est 11 h.
À bord de l’Alouette III de la gendarmerie, le PGHM décolle aussitôt. L’opération s’annonce difficile. Le canyon est entièrement noyé dans la végétation limitant la visibilité.
Les hommes du PGHM doivent être hélitreuillés en aval. Ils se taillent avec beaucoup de difficultés un chemin et finissent par buter sur une cascade. Obligés de la contourner dans la forêt, puis de négocier une barre rocheuse, ils réussissent à rejoindre la vasque. Il n’y a malheureusement rien d’autre à faire que d’organiser l’évacuation du corps de Jacques Mouriès Il est transporté sur environ 150 m avant de pouvoir être hélitreuillé et transporté à l’hôpital de Saint-Pierre. Les autres membres de l’expédition ont également été transportés par hélicoptère jusqu’à Bois-Court.

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Alain Dupuis


 

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